Lettre à Louis Gallois des Unions fédérales des retraités cheminots CGT - FO - SUD rail - UNSA et FGRCF (09/01/2006)
  Monsieur le Président,

Les Unions Fédérales de Retraités cheminots CGT – FO – SUD Rail – UNSA et la FGRCF se sont rencontrées le 5 janvier 2006 pour procéder à un échange de vue sur la situation à la SNCF et sur la situation des retraités en particulier.



Elles ont constaté avec beaucoup d’amertume que le courrier qu’elles vous ont adressé le 17 octobre 2005 et par lequel elles vous demandaient de les recevoir le 25 novembre, est resté sans réponse… et sans suite ! Devons-nous considérer que cette fin de non recevoir constitue la traduction d’un manque d’intérêt de votre part à la situation des 310 000 cheminots retraités et veuves ?

Elles ont également constaté que le relevé de conclusion de la négociation suite à la grève des cheminots des 22 et 23 novembre, apporte aux revendications avancées un certain nombre de réponses positives, même si elles demeurent insuffisantes. C’est notamment le cas pour toutes celles concernant l’emploi et le périmètre de l’entreprise qui sont de nature à conforter notre régime spécial. C’est aussi le cas de l’annonce de l’ouverture des négociations salariales 2006 dès le 19 janvier et de la décision d’augmenter les salaires et pensions de 0,3 % au 1er janvier 2006.

Par contre, elles ont constaté avec regret que la mesure de doublement de la gratification d’exploitation ne concerne pas les retraités. Cette mesure s’inscrit dans la poursuite d’une politique salariale mettant en cause la péréquation salaires - retraites inscrite dans le statut des retraités. Les UFR CGT, FO, SUD Rail, UNSA et la FGRCF tiennent à vous rappeler leur profond désaccord avec cette politique.

Elles ont également constaté que cette volonté de laisser les retraités de côté apparaît aussi dans votre obstination à vouloir imposer aux cheminots un système d’intéressement pourtant dénoncé par cinq organisations syndicales représentant 83 % du personnel.

Elles ont conscience qu’outre la mise en cause de l’entreprise intégrée et du service public qu’il engendrerait, un tel système constituerait une mise en cause du financement du régime spécial (suppressions d’emplois et réduction de la masse salariale soumise à cotisations) et donc de son existence. De plus, l’incompatibilité entre la progression de l’excédent brut d’exploitation et l’amélioration des pensions conduirait inévitablement à une opposition entre cheminots actifs et retraités.

C’est pourquoi les UFR CGT, FO, SUD Rail, UNSA et la FGRCF soutiennent la position prise par les cinq Fédérations qui ont fait valoir leur droit d’opposition à l’intéressement.

Enfin, elles ont constaté que vous persistiez à ignorer leurs revendications spécifiques, c’est pourquoi, avant que ne s’ouvrent les négociations salariales 2006, elles tiennent à vous les rappeler :

 amélioration du pouvoir d’achat des salaires et pensions par un relèvement substantiel de la valeur du Point permettant de rattraper le contentieux salarial résultant de la désindexation salaires – prix appliquée depuis 1982 ;

 relèvement du coefficient du minimum de pension pour le ramener au niveau de celui du salaire d’embauche ;

 intégration de la totalité de l’indemnité de résidence dans le traitement dés cette année ;

 respect de la péréquation en matière de primes de travail et arrêt de mesures salariales non péréquables telles que gratifications exceptionnelles, intéressement… ;

 relèvement du taux de réversion.

Elles vous demandent, une nouvelle fois, d’inscrire ces revendications dans la négociation salariale qui va s’ouvrir dans les prochains jours.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre parfaite considération.


CGT
Patrick Chamaret
FO
Michel Le Bayon
Sud rail
Michel Desmars
Unsa
André Marty
FGRCF
Jean Claude Mizermont